Initier un proche âgé à l’informatique: une bonne idée?

Voilà une vaste et cruciale question que je vais aborder par parties.

Premier point à élucider avant toute initiation:la motivation.

Demandez vous: qui veut que votre proche sache se servir des outils numériques?

En effet, plus la personne est âgée, moins elle est familière de ces outils, et plus elle aura besoin de motivation pour apprendre. Internet est un monde un peu étrange pour les plus de 75 ans.

Souvent l’idée vient de l’entourage: « Mamie, si tu étais sur Facebook, on pourrait discuter plus souvent! »

Difficile pour mamie de refuser une telle proposition sous peine de passer pour une Tatie Danielle associable et technophobe, bref, une vieille!

Seulement, sans accompagnement régulier, sans encouragements, sans une perception bien claire des avantages qu’elle pourrait en tirer, votre grand-mère risque de renoncer assez rapidement.

De plus, certains handicaps qui apparaissent quelquefois avec l’âge: baisse de la vue et de l’audition, tremblements notamment, risquent de la mettre en échec.

Difficile de surmonter de tels obstacles si mamie (ou papi) manque de volonté sur ce point: en ce cas mieux vaut trouver d’autres modalités de partage, car votre relation risquerait d’en être abimée.

Deuxième point: qui va accompagner votre proche dans son apprentissage?

Vous?

Réfléchissez bien: êtes vous prêt(e) à passer une ou deux heures chaque semaine avec votre mère ou votre grand père pour lui expliquer les subtilités de l’Internet?

Supporterez vous qu’il ou elle ne comprenne pas vos explications? Qu’il se trompe, qu’il s’énerve ou qu’il/elle décide de passer chaque séance à jouer au scrabble contre la machine?

L’apprentissage suppose patience et régularité, tolérance et humilité… or nos relations familiales ne s’y prêtent pas toujours.

L’idéal est de s’appuyer sur une structure extérieure: les ateliers multimédias dédiés aux seniors se sont considérablement multipliés ces dernières années dans les centres socio-culturels, les associations etc. Renseignez vous auprès de la mairie de votre quartier ou de la ville la plus proche.

Outre la compétence des animateurs et l’engagement des bénévoles, ces ateliers présentent l’avantage de créer du lien entre des personnes qui partagent un objectif commun (maîtriser l’informatique) et qui ont tout leur temps pour cela. L’expérience devient alors conviviale, ludique et il n’est pas impossible qu’au retour d’une de ces séances, ce soit votre grand-mère qui vous fasse découvrir des aspects de la création numérique que vous ne soupçonniez pas.

Ne vous inquiétez pas pour autant, en dehors de l’atelier, vous serez probablement sollicité quand la box ne fonctionnera plus ou que l’ordinateur plantera. Quand il s’agit de partager des savoirs,  il y a de la place pour tout le monde!

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Les seniors, les ebooks et Kerisquilien

Pendant la pause des vacances de Février j’ai publié un premier roman sur Amazon sous forme de livre numérique.

Devant la difficulté de le faire émerger du lot, j’ai commencé à m’interroger sur le public qui pourrait apprécier ce type d’écrit. Dans le cas de cet ouvrage, j’ai estimé qu’il plairait à un public mûr, plutôt de femmes. Dommage, les lecteurs de livres numériques en 2015 sont majoritairement de jeunes adultes, l’immense majorité des français préférant encore le livre papier.

Ce marché est en évolution, et si on se fie à la tendance observée Outre-Atlantique, il dispose encore d’une bonne marge de progression. En attendant je peux toujours proposer une version papier de mon livre…

Pour en revenir aux seniors je ne leur ai pas (encore) posé la question, mais j’en suis à penser que la légèreté et l’autonomie des liseuses ne compensera pas les désavantages liés à la dématérialisation de l’objet. Un livre papier se montre, se prête, se manipule. Alors que les ebooks, truffés de DRM (protection contre la copie) ne s’échangent pas si facilement, même s’ils sont moins coûteux.

Je vais quand même poser la question à mes élèves, d’autant qu’un ebook se lit sans difficulté sur une tablette, même un Kindle!

A tout hasard, je laisse ici un lien vers ce premier roman, qui sait?

kerisquilien

Demande à Google…

L’expérience se poursuit à St Marc, avec la découverte de la puissance des moteurs de recherche.

Utiliser Google, c’est simple: « tu tapes directement ce que tu penses » et il te répond… L’enthousiasme est communicatif, de Louis XIV aux îles Canaries, on trouve tout ce qu’on veut sur le moteur de recherche.

Les tablettes utilisées fonctionnent toutes sous Androïd… elles sont donc optimisées pour l’écosystème du géant de l’Internet. Le risque est de nous transformer à notre insu en commerciaux bénévoles du numérique. Donner les outils pour surfer c’est le b-a-ba, donner à penser les enjeux du web, c’est en permettre un usage citoyen.

Game older!

Lors du dernier cours de tablette j’ai laissé mes élèves devant un tutoriel de Scrabble en ligne. J’avais déjà constaté auprès de mes grand-mères ce phénomène: rejet et préjugé envers les jeux vidéos vite contournés au prétexte de tester une fonctionnalité, et hop les voilà qui se mettent à jouer.

Les jeux que j’ai testé jusqu’ici étaient bien connus: jeux de carte, de lettre, de plateau développés sur tablettes. Leur principal avantage sur leurs homologues en carton est à mon sens de procurer au joueur un partenaire virtuel quand il n’en a pas un réel sous la main. Du point de vue de l’apprentissage ils sont intéressants car ils permettent aux seniors de découvrir la logique intuitive des interfaces de jeu sans être complètement déroutés par l’univers dans lequel elles se déploient.

Or on peut beaucoup mieux. D’ailleurs peut-on réellement considérer le Scrabble sur tablette comme un jeu vidéo? Belle question techno-philosophique! Quoiqu’il en soit il existe une multitude de jeux, dont l’expérience peut d’ailleurs être détournée si le joueur en fait tout autre chose que ce pour quoi il a été conçu.

C’est justement ce qu’en font avec un ingénu génie les membres de Game Older, à la Gaîté lyrique au coeur de Paris,  un atelier de découverte du jeu video dédié aux seniors.

Découvrons le au travers de cette remarquable interview d’Oscar Barda, jeune joueur passionné et d’une grande patience avec les aînés.

Enseigner aux ainés, premiers « cours de tablette »

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Voilà 4-5 séances passées avec des adhérents du foyer laïque de Saint Marc à Brest, où à deux enseignantes improvisées Cindy et moi-même tentons d’expliciter le fonctionnement de tablettes Androïd. Nos élèves ont la soixante dizaine curieuse, soucieuses de communiquer avec leurs proches mais aussi de découvrir le monde merveilleux de l’Internet mobile.

Nous travaillons de manière empirique, sans plan de cours préconçu. Le début s’est imposé de lui-même: allumer l’engin, régler ses paramètres d’affichage, le connecter au réseau, le brancher quand la batterie faiblit…

Le principe de l’écran tactile plaît beaucoup, mais n’est pas si facile à maîtriser. Taper avec l’ongle ne donne pas de résultats concluants. Effleurer le verre comme s’il s’agissait d’un fragile cristal ne donne pas de meilleurs résultats. La durée de la pression modifie également la réaction de la tablette. Ces difficultés, et la peur d’abimer l’écran en appuyant trop fort, ont amené certains participants à se doter de stylos tactiles, plus précis que les doigts.

Une fois la connexion acquise, la demande s’est portée sur le courrier électronique. Comment paramétrer sa boîte mail sur la tablette? Chacun disposant d’une adresse chez un opérateur différent, nous avons du nous adapter. Parfois il a été nécessaire de créer une nouvelle adresse car les mots de passe avaient été égarés, voire modifiés par les enfants et petits-enfants.

Les familles ne nous facilitent pas toujours la tâche: configurant à leur manière les outils numériques de leur parent, ils changent les paramètres définis en cours, imposent d’autres applications, créent de nouvelles adresses mail. Faudrait il envisager de nous coordonner avec eux? Pour le moment nous préférons laisser l’initiative à nos élèves. C’est un peu le pari implicite de l’atelier multimédia mené par Jeanine et Christian: un accompagnement à la carte, guidé essentiellement par les questions soulevées par les étudiants-retraités. Jeanine a réalisé ensuite plus d’une centaine de tutoriels pour que l’on puisse se passer d’elle.

Mais on le peut difficilement… l’accompagnement individuel est un puissant moteur de motivation: un tutoriel ne vous fera pas la bise le matin quand vous arrivez, pas plus qu’il ne se souviendra de l’endroit où vous avez stocké votre dernier diaporama sur l’un des 8 ordinateurs de l’atelier.

Une fois la fonctionnalité des mails explicitée, et sans ignorer que nous aurons à y revenir, nous avons joué avec l’appareil photo numérique. Selfies improbables, vidéos surprises, photos panoramiques ont eu un franc succès. Surtout lorsqu’il s’est agit de les partager, toujours par mail.

Pas question en effet de passer aux réseaux sociaux à ce stade de l’exploration: faute de maîtrise et de connaissance des enjeux. D’ailleurs personne ne l’a encore demandé.

La phase suivante débute par une présentation du principe des applications, et leur téléchargement sur le Play Store. Où comment en 20 minutes 4 septuagénaires prétendument hostiles aux jeux vidéos n’ont plus décollé les doigts de leur partie de Scrabble en ligne…

A suivre, avec plaisir!

Des jeux androïd pour les seniors: comment choisir?

Quelle méthode choisir pour sélectionner des applis qui plairaient aux vieux?

En ce moment je suis un Mooc sur la pensée design, et j’ai décidé de m’en inspirer. Premier point essentiel: l’empathie! Se mettre à la place des Vieux. Imaginer ce qu’ils vivent au quotidien, leur environnement, leurs loisirs, leurs aspirations etc. Pas si simple en fait.

Pour m’aider un peu j’irai les voir: mes grands-parents, mes oncles et tantes les plus âgés, et je vais m’inviter dans des clubs du 3e âge et autres résidences de personnes âgées. Discuter un peu pour voir. Observer les usages, tester mes hypothèses.

En attendant, j’ai testé et sélectionné les applis suivantes, et à la vérité… je me suis bien amusée aussi. Alors qui est vieux? Qui est jeune? A ce compte là je vais sans doute avoir quelques surprises.

 

Premier test: le Scrabble sous Androïd.

L’application la plus chouette que j’ai testée: Classic Word est un équivalent du jeu de Scrabble qui présente l’énorme avantage de ne pas vous envahir de publicité. La version gratuite vous permet de jouer contre l’appareil, et vous donne la définition des mots (à condition de disposer d’une connexion Internet). La version payante vous donne la possibilité de jouer à deux sans avoir à sortir le plateau et les lettres, pratique!

Classic Words en français - screenshot thumbnail

Complément fort appréciable pour les aficionados du jeu: Scrabble Dico & Anagrammes dictionnaire du scrabble et générateur d’anagramme, par le même développeur. Il nécessite une connexion internet cependant. La version payante inclut la dernière édition du dictionnaire ODS (ODS6) et ne contient aucune publicité.

Scrabble Dico & Anagrammes - screenshot thumbnail

 

A suivre…

Les tablettes, quel intérêt pour nos anciens?

Les tablettes, parce qu’elles sont plus faciles à utiliser que les ordinateurs, permettent à des personnes éloignées des technologies de découvrir et de profiter des avantages de l’Internet.

C’est souvent le cas pour nos anciens, généralement réticents à ces usages, et qui si on les y aide un peu peuvent bénéficier de bien des fonctionnalités de ces petites machines.

La taille des écrans et l’interface tactile des tablettes rendent plus aisée leur prise en main. Les systèmes d’exploitations offrent moins de complexité que ceux des ordinateurs.

Les tablettes ne résoudront pas tout, mais le pari est qu’en les mettant au service des nos anciens, nous leur apportons un peu plus d’autonomie, de confort et plus de possibilités d’entrer en contact avec nous.

Evidemment Il faut d’abord leur montrer et si ça leur plaît, leur apprendre à s’en servir, ce qui n’est pas toujours si simple…

Pour faciliter cette découverte, je propose de faire le tour des applications susceptibles de les intéresser.

Les critères que je retiendrai :

  • intérêt pratique ou ludique
  • simplicité d’usage
  • le plaisir apporté
  • le prix.